Internet : la Guinée explore l’option satellitaire pour réduire la fracture numérique

Mai 6, 2026 | Actualités | 0 commentaires

(Agence Ecofin) – Conformément à ses ambitions de transformation numérique, les autorités guinéennes veulent généraliser l’accès à Internet. Selon les données de l’UIT, environ 70 % de la population n’utilisait pas le service en 2024.

La Guinée explore une coopération avec la société britannique Open Cosmos, spécialisée dans la conception, la fabrication et l’exploitation de satellites. L’initiative s’inscrit dans une tendance africaine misant sur les technologies spatiales pour réduire une fracture numérique encore prononcée sur le continent.

La question a été abordée le mercredi 29 avril, lors d’une rencontre entre Souleymane Thianguel Bah (photo, au centre) et Abou Bakr Mourched (photo, à droite), responsable du développement commercial d’Open Cosmos. Était également présente Aminata Deen Touré (photo, à gauche), directrice générale de l’Innovation au ministère. Les échanges ont porté sur les solutions développées par Open Cosmos en matière de fabrication et de déploiement de satellites, ainsi que sur les opportunités qu’elles offrent pour la connectivité et la collecte de données. Le secrétaire général a souligné l’importance stratégique de ces technologies pour améliorer la couverture numérique, en particulier dans les zones reculées du pays.

Un intérêt croissant pour le spatial

Ce rapprochement intervient alors que la Guinée s’était déjà tournée, en janvier 2025, vers la société chinoise AirSat Technology en vue d’un partenariat. Cette collaboration visait notamment à doter le pays d’un satellite pour faciliter les transmissions de données à grande échelle. Aucune mise à jour sur l’état d’avancement du projet n’a toutefois été communiquée depuis.

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large observé sur le continent. Selon la GSMA, les solutions de connectivité aérienne, dont le satellite, devraient jouer un rôle clé dans l’atteinte de la connectivité universelle en Afrique subsaharienne.

« La région abrite certains des terrains les plus difficiles pour les réseaux terrestres, notamment des forêts tropicales, des déserts et des chaînes montagneuses. Même dans les zones rurales et faiblement peuplées, le coût et la complexité du déploiement des réseaux mobiles ou filaires classiques plaident en faveur de solutions alternatives de connectivité », souligne l’organisation dans son rapport « The Mobile Economy Sub-Saharan Africa 2024 ».

Une fracture numérique persistante

Selon les données de l’ARTP Guinée, 94,11 % des localités guinéennes étaient convenablement couvertes en téléphonie mobile à la mi‑2025. Environ 5,89 % de la population reste insuffisamment couverte, dont 1,4 % sans aucune couverture.

L’UIT indique que la couverture 2G atteignait 87,9 % de la population en 2022. La 3G couvrait 81,3 % en 2024, contre 77 % pour la 4G.

En matière d’usage, le régulateur recense 12,8 millions d’abonnements mobiles à la mi‑2025, soit un taux de pénétration de 89,1 %. Pour l’Internet mobile, 8,28 millions d’abonnements sont comptabilisés, représentant 57,86 % de la population. Toutefois, ces chiffres doivent être nuancés : chaque carte SIM est comptabilisée comme un abonnement, alors qu’un même utilisateur peut en détenir plusieurs. À titre de comparaison, l’UIT estime le taux de pénétration à 33,3 % en 2024.

Au‑delà de la couverture réseau

Selon la GSMA, la connectivité par satellite constitue une extension précieuse des réseaux terrestres, sans pouvoir, à elle seule, répondre au défi de l’inclusion numérique. En Afrique, 58 % des populations non connectées vivent déjà dans une zone couverte par le haut débit mobile. Le défi ne réside pas uniquement dans l’accès à la connectivité, mais également et surtout dans la capacité des populations à utiliser effectivement les services numériques.

L’accessibilité financière demeure un frein majeur. Le coût des équipements (smartphones, terminaux satellitaires) et des abonnements reste hors de portée pour une large partie des ménages. À ces contraintes s’ajoutent des facteurs économiques et sociaux persistants, comme la faible maîtrise des outils numériques et le manque de contenus adaptés aux réalités locales, qui limitent la demande.

Isaac K. Kassouwi

Edité par Sèna D. B. de Sodji

05 mai 2026

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